Plovdiv, la ville des 7 collines qui n’en a plus que 6 !

Pour visiter Plovdiv, nous faisons confiance au « free Plovdiv tour » de l’association 365.

Hier soir, nous avons parcouru des blogs sur le thème « visites de Plovdiv ». Ils donnaient tous à peu près les même informations et n’étaient pas très passionnants (je vais essayer de faire mieux !). C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers le free Plovtiv tour de l’association 365 pour découvrir la ville (déjà testé et approuvé à Sofia en septembre dernier). Ce principe de « visite gratuite » s’est développé dans le monde entier (il y en a dans chaque ville ou presque en Colombie). Bien sûr, ces visites ne sont pas vraiment gratuites car un pourboire est attendu mais il n’est pas obligatoire et chacun donne ce qu’il veut (ici en particulier, les guides ne sont pas du tout insistants). Elles permettent d’une part de passer devant les principaux monuments et d’autre part d’avoir des anecdotes qui ne sont pas dans les guides touristiques. On peut aussi y rencontrer d’autres voyageurs. 

Nous avons donc RdV à 11h sur la place de l’hôtel de ville pour y rencontrer les guides locaux et une trentaine de touriste de toute l’Europe (et quelques pays d’Asie). Et surprise, nous ne sommes pas les seuls cyclistes. Il y a aussi deux belges qui voyagent en vélo jusqu’en Australie (voyage d’environ un an). Elles sont parties début mars et nous sommes impressionnés qu’elles soient déjà ici !

Plovdiv est la deuxième plus grande ville de Bulgarie et c’est une des plus vieilles villes d’Europe habitée (plus ancienne que Rome et Athènes, elle date de l’époque de Troie). Elle a été capitale européenne de la culture en 2019, en même temps que Matera, en Italie, où nous espérons bien aller en juin prochain.

Une partie du forum est visible ici mais il est en réalité beaucoup plus grand. Toute une partie se trouve sous l'énorme batiment de la poste et on peut de nouveau voir des vestiges de l'autre côté.

Plovdiv a été fondée par les Thraces qui ont construit les premières fortifications. Elle a aussi été romaine et nous commençons la visite  par les vestiges du forum. Comme souvent, les vestiges sont découvert lors de la construction de nouveaux bâtiments et on dit de Plovdiv, qu’il est difficile d’y construire quelque chose car dès que l’on commence à creuser, on trouve de nouveaux vestiges ! 

L'extrémité nord du stadium de Philippopol (un des ancien nom de Plovdiv) avec la mosquée en arrière plan.Il date du 2ième siècle après JC.

 

C’est particulièrement vrai avec l’histoire du stadium romain . Celui-ci se trouve sous l’actuelle rue piétonne. A une extrémité de la rue, on peut voir l’arc de cercle de la fin des gradins. Et environ 240 m plus loin, des marques au sol indiquent l’emplacement des piliers qui délimitent l’autre extrémité (il y avait environ 30000 places !). Si on démolissait les maisons, on trouverait probablement une bonne partie des gradins. On peut d’ailleurs en voir à l’intérieur du magasin H&M (et il parait qu’il y en a aussi vers un des distributeurs de billets). Quand les vestiges du stade ont été découverts, ce n’était pas encore une rue piétonne, c’était un boulevard qui a été déplacé sur le côté et là, on a trouvé le théâtre ! Il était trop tard pour modifier le tracé du boulevard qui passe du coup sous le théâtre. Cette fois-ci, les maisons qui recouvraient le théâtre ont été détruites, ce qui permet d’en profiter. 

L'autre extrémité du stade. L'emplacement des piliers (dont les restes sont visibles au musée archéologique) est représenté au sol.

Dans la rue piétonne, nous rencontrons aussi Milyo puis nous nous promenons dans Kapana, le quartier des artistes.

Notre guide s’arrête devant une statue en bronze au bord de la rue. « Ce n’était pas une personne célèbre, mais quelqu’un qui a vécu ici il y a environ 70 ans. Il aimait interpeller les gens dans la rue et faire rire. Tout le monde le connaissait et l’appréciait. A sa mort, les habitants se sont cotisés pour faire faire cette statue afin de ne pas l’oublier ». 

La quartier de Kapana abritait autrefois un grand marché baptisé « le piège » car on en ressortait toujours avec un achat non prévu ! Comme beaucoup de bâtiments en bois, il a fini par brûler. Le nouveau quartier s’est longtemps cherché, a évité de peu une démolition complète, puis est finalement devenu le quartier artistique et branché du moment. 

Milyo était un peu sourd et il mettait souvent sa main en cornet sur son oreille pour entendre ce qu'on lui disait.

Les 6 collines de la ville aux 7 collines.

Arrivée dans la partie fortifiée (d'autres ceintures de remparts existaient mais il n'en reste aucune trace)

Nous arrivons enfin au sommet de la colline de Nebet tepe, une des 3 collines sur lesquelles repose la vieille ville. On y trouve quelques ruines de l’époque où la ville était fortifiée (un ancien réservoir, un souterrain permettant de s’échapper etc). Mais on y vient surtout pour la vue. Devant nous, 3 autres collines. Celle au centre de la photo, qui est la plus éloignée, était nommé la colline de l’enfer (de nos jours c’est la colline des jeunes car c’est le paradis des sportifs). Mais où est donc la 7ème colline ? Elle n’existe plus. Rasée par une entreprise privée au début de l’indépendance de la Bulgarie, les rochers ont été utilisés pour construire des bâtiments dans Plovdiv et à la place, se trouve désormais un centre commercial. C’est balot !

Vue depuis la colline Nebet tepe

La maison de Stepan Hindliyan.

Le tour dure 2h30 et nous marchons beaucoup mais nous n’avons pas le temps de visiter les monuments que nous voyons. C’est pourquoi nous refaisons quasiment le tour en sens inverse après la pause déjeuner. En premier lieu, sur les conseils de notre guide, nous passons visiter la maison de Stepan Hindliyan. Riche commerçant et grand voyageur, il aimait décorer sa maison de paysages de ses voyages. « Comme des cartes postales » dans chaque pièce avait dit notre guide. Au début, nous passons de pièce en pièce à la recherches de ces fameuses cartes postales, jusqu’à ce que nous réalisions qu’à l’époque de cette maison, cela n’existait tout simplement pas. Mais grâce à cette page internet, qui détaille bien les points d’intérêt de la maison, nous re-parcourons les pièces avec un œil différent, à l’affût de la table tableau, de la carafe en verre, et des fameuses peintures « souvenir » de ses voyages, comme le pont des soupir ou le phare d’Alexandrie. La fontaine à l’eau de rose ne fonctionne pas, mais le parfum de la rose nous accompagne tout de me durant toute la visite car le flacon de gel à l’entrée de la maison est parfumé à la rose !!!

Au fond la fontaine à l'eau de rose.

Dans la catégorie des belles demeures, il y a bien sur celle qui abrite désormais le musée ethnographique. Son dernier propriétaire était si riche que lorsqu’il a quitté Plovdiv, il a donné gratuitement sa maison à qui voulait la prendre. Elle a failli devenir une fabrique de tabac mais heureusement, le maire de l’époque l’a réquisitionnée pour en faire un musée ! Nous passons également devant une maison portant une plaque française. Lamartine y avait séjourné et la plaque commémore les 20 ans de la visite de François Mitterrand. 

Le musée ethnographique

Le théâtre romain.

Les enfants n’avaient soit disant plus de force lorsque nous sommes retournés au théâtre romain mais une fois à l’intérieur, ils sont partis en courant crapahuter dans les gradins puis sur la scène ! Le théatre est utilisé pour des concerts ou des spectcles mais il n’y a rien avant le mois de mai, dommage !

Le spectacle va commencer !

Eglises orthodoxes et mosquées :

De la période ottomane, on peut noter la mosquée Dzhumaya et les hauts murs qui entourent les églises (tolérées mais qui se devaient d’être discrètes !). L’influence ottomane se retrouve aussi dans l’architecture des maisons des riches commerçants du XIXème siècle. 

Nous entrons dans 2 églises orthodoxes. Tout d’abord dans celle de Saint Constantin et Sainte Hélène, un des plus vieux temple chrétien de la ville. Nous ne savons pas s’il était vraiment ouvert au public ou si nous avons eu de la chance car nous profitons d’un attroupement pour y pénétrer. Manifestement, une cérémonie privée (baptême ?) vient d’avoir lieux. Les gens discutent entre eux pendant que d’autres rangent l’église et éteignent les lumières ! Mais nous avons eu le temps d’y jeter un œil. Plus loin, nous visitons l’église de l’assomption de la Sainte Vierge. Ces églises ne ressemblent en rien aux églises catholiques. Le volume est plutôt carré et il n’y a pas de banc, ce qui agrandit l’espace. On trouve tout de même le long des mur des sortes de grandes chaises en bois avec des accoudoirs. On se demande comment se passe un office.

Après les églises orthodoxes, direction la mosquée. Pour une fois qu’une mosquée est accessible aux visiteurs, autant en profiter. C’est très agréable de marcher en chaussettes sur l’épaisse moquette. Et en plus, on y trouve juste en face, un café qui sert des pâtisseries turques ! Ben ça alors, c’était justement l’heure du goûter ! 

Petit déjeuner à l'hôtel
Ce mot se prononce “aylyak” et s'utilise un peu à toutes les sauces pour dire "cool, profite, hakuna matata, carpe diem" !
Un autre morceau du forum romain
Dans le quartier de Kapana.
Les belles demeures de la vieille ville
Au loin, on aperçoit un pont couvert, par une galerie marchande.
Le raha tepe : très bon restaurant à 2 pas du sommet de la colline
Le sach, un mélange de viande et de légumes servis dans un plat en ardoise très chaud

La maison de Stepan Hindlyian

L'entrée de la "cave" (plutôt un entrepôt) : elle comportait de nombreuses cachettes et c'est là que se trouvait l'or !!!
Sur sa façade, comme en miroir, une représentation de la maison principale.
Cette table peut se mettre en vertical pour servir de décoration, ou à l'horizontal, pour faire une table.
La salle de bain, avec une coupole au dessus pour faire entrer la lumière, était chauffée par les ouvertures au raz du sol.
Les fameuses "fenêtres" qui représentaient les endroits où le propriétaire avait voyagé (et faisaient son prestige)
L'eau de rose, produite en Bulgarie, était très populaire. Ici, il y avait carrément une fontaine à l'eau de rose !
La maison voisine, dont les jardins communiquent.
Maison habitée par Lamartine.
La vieille porte la mieux conservée
La vue de la route qui plonge sous le théâtre est assez surprenante !
Devant la maquette du stade : 240 m de long, 50 m de large, 30 000 places !
Un bout des gradins du stade
Un autre morceau au sous sol du H&M (trop tard pour le visiter)
Les façades qui datent du communisme (ou le style socialiste comme dit notre guide)
Eglise orthodoxe de Saint Constantin et Sainte Hélène : le mur du fond est richement décoré.
Les chaises sur le côté dans l'église de l'assomption de la Sainte Vierge
La mosquée Dzhumaya

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