Le mont Olympe

Mercredi 11 mai : 1000 m de dénivelé et les pieds dans la neige en short !

Quand on part en montagne, on est censé avoir bien préparé ses affaires avant et le jour J, se lever tôt pour commencer à marcher tôt. C’est probablement ce qu’on fait nos voisins de palier qui sont partis vers 5h (et ont appuyé par erreur sur la sonnette de notre porte en cherchant l’interrupteur de la lumière du couloir – ou bien ils voulaient nous aider en nous réveillant). 

J’avais bien essayé de préparer la veille les vêtements que nous allions prendre pour le refuge mais ce matin, j’ai tout changé car cela ne rentrait pas dans les sacs. Il faut dire que côté sac à dos, nous sommes très limités. Nous avons un sac de 20L que nous trimbalons justement pour des occasions comme celle-ci mais cela ne suffit pas compte tenu de l’eau que nous devons prendre (et des sandales pour le refuge, comme qu’on nous l’a bien précisé hier dans les messages). Nous avons donc 2 mini sacs à dos pour compléter et je fixe tant bien que mal sur le mien un sac de course avec des affaires volumineuses mais légères.

Avant de partir, il faut aussi ranger toutes nos affaires et mettre les sacoches sur les vélos qui vont rester ici. Résultat, il est 10h lorsque nous partons enfin à pied pour le centre ville afin de trouver un taxi qui nous emmènera à Priona, le bout de la route. Ici, à Litohoro, nous sommes à 300 m d’altitude, Priona est à 1100 m et le refuge où nous allons à 2100 m. Les 1000 m de dénivelé pour rejoindre le refuge depuis Priona nous suffisent largement. Alors c’est avec plaisir que nous payons 25 euros de taxi !

Le chauffeur est d’un premier abord plutôt réservé mais une fois que nous commençons à lui poser des questions, on ne l’arrête plus. Il connait bien le chemin que nous allons faire (qui n’est pas très original, c’est celui que tout le monde fait !). C’est bien balisé mais il nous donne tout de même quelques indications et nous prévient qu’il va y avoir de la neige. Nous sommes au tout début de la saison, le refuge a ouvert seulement hier ! La route tournicote beaucoup pour monter jusqu’à Priona et Mathis finit par vomir ses céréales (heureusement pas dans la voiture !). Le pauvre, c’est la deuxième fois qu’il va aller passer la nuit dans un refuge et à chaque fois, il vomit sur le trajet en voiture ! (la dernière fois, c’était en Bulgarie le jour de son anniversaire). En tout cas, cela ne vient pas entamer sa bonne humeur car il se sent beaucoup mieux après !

Petit cours de géographie (mais pas que) : le mont Olympe (en grec Όλυμπος) est une chaîne de montagne qui  compte 46 sommets dépassant les 2 000 mètres et on y trouve notamment le point culminant de la Grèce qui se trouve à Mytikas (2 917 m). Le mont Olympe est aussi le domaine des dieux de la mythologie grecque. Le «Trône de Zeus» se trouve sur le sommet Stefani (2 909 m). Les pentes sont très boisées et les sommets souvent dans les nuages. 

Maquette du centre d'information : on y voit Dion, où on venait honorer les dieux (et en particulier Zeus), Litohoro, le village où nous avons laissé nos affaires.

Au tout début de la randonnée, nous passons au bord d’une petite cascade. C’est elle qui alimente le point d’eau de Priona. Il n’y en a pas d’autre et même au refuge, l’eau au robinet provient du réservoir rempli de neige fondue. 

Sur les deux tiers du trajet, le chemin est majoritairement en forêt, avec peu de vues dégagées. En été ce doit être très agréable de monter au frais. Les fleurs commencent à sortir. Dans les sous bois, les violettes laissent très vite la place aux pensées. 

Après environ 400m de dénivelé, nous arrivons à un petit abri. Il peut parfois y avoir de l’eau ici mais en ce moment, rien ne coule dans la fontaine. Nous ne nous attardons pas longtemps : il est trop tôt pour pique niquer et la route est encore longue. 

La pente s’accentue un peu et nous dépassons les 600m de dénivelé. Je cherche un coin pour manger mais il n’y a pas d’espace en dehors du chemin. A défaut de trouver une jolie prairie, j’essaie au moins d’avoir une petite vue sur le sommet voisin. Nous finissons par nous installer dans la pente, en équilibre sur quelques rochers. Pas hyper pratique pour manger mais au moins les enfants ne peuvent pas courir partout et sont obligés de se reposer !!!

Le sentier est devenu beaucoup plus caillouteux et la végétation plus basse. On a parfois l’impression que les arbres poussent à l’horizontal ici. Au bord du sentier, les troncs sont couchés sur le sol et les branches pointent vers le ciel ! A la forme des arbres, on imagine aisément le vent qui doit souffler par ici !

Enfin, voici la zone de neige. Les enfants n’attendaient que cela ! Pour le premier passage, le chemin est bien tracé et il n’y a pas de raison de tomber mais en cas de glissade, il y a une belle piste de luge en dessous (et on n’a pas trop envie d’imaginer l’arrivée …). Globalement, la marche dans la neige n’est pas difficile mais les pentes traversées sont impressionnantes et peuvent donner un peu le vertige. Nous avons croisés des jeunes qui redescendaient et avaient mis 45 minutes à passer la zone enneigée à la descente alors que nous ne mettrons que 30 minutes pour monter.

Enfin la neige (et Mic en short, de toute façon, il n'a pas pris ses "jambes" !)

Nous arrivons au refuge à 15h20. Le ciel s’est un peu couvert. Quelques personnes sont dehors à boire un café ou à étendre leurs affaires trempées (ce sont ceux qui reviennent du sommet). A l’intérieur, il n’y a pas grand monde. Par contre la personne de l’accueil est en permanence au téléphone à gérer les appels pour les réservations. 

Le bâtiment principal comprend un hall d’entrée, puis 2 salles avec des cheminées (et accessibles obligatoirement en chaussons), et une salle non chauffée avec toilettes et douches (à l’eau froide, celle-ci étant de la neige fondue !). Pour dormir, nous avons le choix entre le dortoir à l’étage, non chauffé, ou un dortoir chauffé en journée uniquement, mais se trouvant dans un bâtiment différent. On nous conseille de rester dans le bâtiment principal car de toute façon, la nuit, il fait la même température partout. J’ai surtout l’impression qu’ils ont regroupé d’un côté les familles qui ne vont pas se lever tôt et de l’autre, les « jeunes » qui vont tenter l’ascension demain. Mais le conseil était bon. Lorsque nous nous installons dans le dortoir, il est vide. Nous sommes venus avec nos sacs à viande et nous avons droit à 3 couvertures par personne ! 

Nous passons le reste de l’après midi près de la cheminée avec un UNO et la lecture du Lonely planet. Je suis un peu déçue par l’ambiance dans le refuge car chaque petit groupe reste bien dans son coin. En fin d’après midi, nous ressortons un peu dehors. Les garçons jouent avec la neige. La température est étonnamment douce. 

Le paysage est magnifique car on voit très bien la mer et les villages dans la vallée sont au soleil. J’imagine les gens en train de prendre l’apéro au bord de la plage sans se douter qu’au dessus de leur tête, nous sommes là haut, dans la neige ! 

La vue depuis la terrasse du refuge : c'est bien la mer en bas !

Le refuge a beau être ouvert depuis hier seulement, il est pleinement fonctionnel et cela tourne à fond en cuisine. Nous commandons 5 plats de pâtes. C’est trop avait dit Léa et elle avait raison, mais nous avons des boîtes pour emporter les restes et pas de soucis de frigo ! Finalement, nous partageons notre dortoir avec une famille allemande qui a 2 enfants dont une petite fille qui a poussé des cris perçants toute la soirée et a finalement dormis comme un loir (ouf !!!).

Jeudi 12 mai : du soleil, un renard et la plage !

La nuit s’est très bien passée. Nous commandons 2 petits déjeuners hyper copieux. Deux français essaient de faire sécher leurs vêtements devant la cheminée. Ils ont tenté l’ascension mais se sont trompés de sommet. Ils nous racontent avoir eu de la neige jusqu’à la taille par endroit. Nous avions imaginé un moment marcher un peu ce matin en direction du sommet mais nous n’avons pas trop envie de nous mouiller pour pas grand chose.

C’est parti pour la descente. Marcher dans la neige est assez amusant. Les gens qui sont partis ce matin ont un peu « lissé » le chemin par endroit et c’est assez glissant. Heureusement, un gars du refuge s’emploie également à déneiger le chemin dans les endroits où la pente est la plus raide. Merci !

On s'est fait piquer nos "batons de marche" ce matin, mais Léa a trouvé un "piolet" très pratique pour la descente.

La descente est longue et nous sommes bien contents d’arriver enfin à Priona. Le serveur du restaurant appelle notre chauffeur de taxi (il n’y a pas de réseau ici, ils ont un téléphone satellite) et nous mangeons un peu le temps qu’il arrive. Le coin est envahi d’adolescents qui sont venus en bus (en sortie scolaire ?) et errent de ci de là après le repas. Notre chauffeur arrive enfin et livre en même temps un litre de lait au restaurant (pratique !). Il nous explique avoir vu un renard en venant et espère qu’il sera toujours là. Des renards ont l’habitude de venir au bord de la route pour se faire nourrir. Et en effet, il est toujours là et apprécie les petits gâteaux aux graines de tournesol que lui tend le chauffeur.

Plus loin, le chauffeur s’arrête devant une petite chapelle où on peut voir le portrait d’une femme. Nous sommes au point de vue sur un canyon qui se trouve entre Litohoro et Priona (si on monte à Priona à pied, on passe dans le canyon). Ce coin a été rebaptisé par les locaux « le lieu du divorce automatique », depuis qu’un mari et sa maîtresse se sont débarrassés de sa femme en faisant croire à une chute accidentelle. Le mari est en prison mais la maîtresse s’en est sortie.

Le fameux canyon ...

L’avantage du taxi, c’est qu’il nous ramène jusqu’à notre hôtel, en haut du village. Le temps de ré-équiper les vélos, il est déjà 16h mais la descente vers la mer se fait rapidement : ça descend tout le long ! Notre idée première était de bivouaquer sur la plage. Nous trouvons un coin tranquille et nous nous posons jusqu’à 18h. Mais avec la fraîcheur du soir, l’envie d’une douche chaude se fait plus pressante. Il y a des logements un peu partout sur la côte alors pour 50 euros, on se laisse tenter (et cela nous permet de gagner 10 km sur l’étape du lendemain).

A notre arrivée à l’hôtel, le gérant est absent car il essaie de trouver un moyen de réparer le système d’eau chaude dans l’hôtel ! Ca, ce n’était pas au programme. Si c’était pour avoir une douche froide, on serait resté sur la plage ! Heureusement, le gérant revient 20 minutes plus tard avec la pièce nécessaire ! Nous dînons au soleil sur le balcon avec vue sur mer. C’est bien un peu de confort aussi !

Nous suivons le chemin E4 jusqu'au premier refuge.
Premières neiges sur le chemin
Pique nique
C'est bien la mer au fond !
Il ne faut pas glisser du chemin car il y a un beau tobaggan sous nos pieds mais le problème, ce n'est pas la chute, c'est l’atterrissage !
Cet arbre couché en travers du chemin a disparu le lendemain : il a été coupé pour faciliter le passage.
Avec nos chaussures de randos, on glisse beaucoup dans la neige, pas question de lâcher Mathis, qui justement essaie de patiner !
Les panneaux solaires sont en bien mauvais état !
L' accueil !
On a squatté la table au coin du feu !
Le matin !
Il reste un seul baton, les autres ont disparu !
Nous sommes les derniers à repartir mais on est tellement bien avec le soleil sur la terrasse !
Dernier passage enneigé
Un chien "sauvage" : ils marchent avec les gens qui montent ou descendent. Au refuge, il y a une boîte où on peut laisser de l'argent pour les nourrir. Elle est à côté d'une boite pour les pourboires du personnel : du coup, quand on laisse des sous, on peut voir si on préfère les gens ou les animaux, ou les 2 !
Le plaisir de la randonnée, c'est aussi de faire son cairn quelque part.
Sur le chemin du retour, les enfants décident de ramasser les déchets qu'il trouvent. On pensait qu'il n'y avait pas grand chose car le chemin est très propre mais mine de rien, ils ont rempli un sac !
De retour à Prionia.
Litohoro
En route vers la mer !
L'endroit où on a pensé bivouaquer avant de choisir le confort d'une douche chaude !
Laquelle vous voulez ?

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